LA BATTERIE DE CRISBECQ

Hello tout le monde,

Aujourd’hui, retour à la Batterie allemande de Crisbecq., située Isle A1, 1 Route de Crisbecq 50310 Saint-Marcouf, dans le département de La Manche.

La batterie est au-dessus du hameau de Crisbecq, à 2 000 mètres de la mer, sur une crête. Son emplacement offre une vue sur toute la côte de Saint-Vaast-la-Hougue au nord jusqu’à Grandcamp-Maisy au sud-est. Sa construction débute en 1942 et n’est toujours pas encore achevée en juin 1944.

A l’époque, c’est la plus puissante batterie côtière de la Baie de Seine en dehors de celles des ports de Cherbourg et du Havre. Au départ, elle est équipée de six canons de 155 mm mais ceux-ci sont déplacés à Fontenay-sur-mer et remplacés par quatre plus modernes et plus puissants canons Skoda K39/40 de 210 mm, d’une portée de plus de 30 km.

Lors du débarquement, la batterie va subir un très lourd bombardement aérien,( 598 tonnes de bombes, dans la nuit du 5 au 6 juin). L’ensemble de ses canons antiaériens sont détruit et de nombreux soldats qui n’étaient pas de service sont tués dans leurs cantonnements alentours.

Alors que la garnison allemande se réorganise, elle est attaquée par des groupes isolés du 502ème régiment parachutiste de la 101ème Airborne américaine qui devait au départ attaquer la batterie de Saint-Martin-de-Varreville, située 6,5 km au nord-ouest, mais qui est parachutée trop au sud. L’attaque ne réussit pas et vingt soldats américains sont faits prisonniers.

Malgré le bombardement aérien, deux canons restent opérationnels et, à l’aube du 6 juin, à 5 h 52, ils sont les tout premiers à tirer contre les troupes alliées, faisant feu sur les navires alliés sur le secteur d’Utah Beach. Plus tard dans la matinée, la batterie coule le destroyer USS Corry et touche plusieurs autres navires. Elle est alors prise sous le feu des cuirassés américains USS Nevada, USS Arkansas et USS Texas. Un des canons de la batterie est mis hors service vers 8 h par un tir sur le devant de la casemate, le second canon est détruit par un tir direct dans l’embrasure du bunker une heure plus tard. Le premier canon sera remis en service le surlendemain mais de nouveau mis hors service dans les heures qui suivront par les navires alliés.

Après l’attaque isolée des parachutistes dans la nuit du 5 au 6 juin, la batterie subit des attaques terrestres les 7 et 8 juin par des éléments de la 4e division d’infanterie américaine qui ont débarqués à Utah Beach à 3 km de là. Mais ces attaques, non coordonnées, sont repoussées d’autant que la garnison de la batterie est renforcée par des unités du 919e régiment de la Wehrmacht. L’Oberleutnant Ohmsen demande même à la Batterie d’Azeville toute proche d’ouvrir le feu par un tir de contre-batterie, sur sa batterie pour repousser les soldats américains. Ci-dessous Walter Ohmsen le 14 juin 1944. (Photo source Wikipédia)

La batterie est prise par les Alliés le 12 juin, sans combats. Après une forte résistance, il est demandé au lieutenant Ohmsen et à ses troupes de se replier sur une nouvelle ligne de défense plus au nord. Il évacue la batterie avec 78 hommes encore valides dans la nuit du 11 juin, laissant vingt-et-un blessés aux soins d’un infirmier volontaire. C’est dans la matinée donc du 12 juin, que l’avant-garde du 39e régiment américain investi les bunkers.

Dans les jours qui suivent, le génie américain procède à des essais d’explosifs sur les bunkers de Crisbecq pour tester leur résistance. Ce sont les principaux stigmates encore visibles sur les bunkers de nos jours, le poste de direction de tir étant pratiquement détruit.

Après la guerre, le site est laissé à l’abandon et recouvert par la végétation, les bunkers partiellement ou complètement inondés. C’est 2004, que deux particuliers rachètent une grande partie du terrain (400 000 m2) abritant les différents bunkers de la batterie, ils débroussaillent et dégagent l’ensemble de la vingtaine de blockhaus. Ils en rénovent certains qu’ils rééquipent de matériels d’époque. Le site est désormais devenu un musée privé sur l’histoire de la batterie et du débarquement.

Depuis 2016, le poste de commandement des batteries constitué de quatre niveaux (dont deux enterrés) a est entièrement réhabilité. Il est aujourd’hui visitable dans le cadre d’un second musée privé qui retrace l’histoire de Walter Ohmsen dans son bunker de commandement.

Je vous invite donc si vous passer dans le coin à vous arrêter pour découvrir ce musée et ces vestiges du Mur de l’Atlantique.

Vous pouvez vous garer, des parkings sont mis à votre disposition.

L’accès n’est possible aux personnes à mobilité réduite, surtout dans les bunkers. Pour les enfants, toujours sous la responsabilité d’un adulte bien entendu, afin d’éviter des chutes notamment.

INTÉRÊT HISTORIQUE :

Note : 4.5 sur 5.

ACCESSIBILITÉ :

Note : 2 sur 5.

ENFANT :

Note : 4 sur 5.

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(Photos collection Patricia Gontier) .

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