
Hello tout le monde;
Aujourd’hui, pas de visite, mais l’histoire d’un homme, d’un résistant mort en 1943, fusillé par les Allemands à Angers.
Cette histoire, j’ai voulu vous la raconter suite au retour de Loulou avec dans les mains une plaque commémorative provenant directement des archives de la prison de la ville d’Angers.

Olivier Giran, résistant français sous le pseudonyme de « Monsieur Alain » durant la Seconde Guerre Mondiale fut fusillé le 16 avril 1943 à Angers.
Son histoire commence en novembre 1939, lorsqu’il s’engage dans l’infanterie pour y suivre une formation d’officier de réserve. Au moment de l’armistice en juin 1940, il se trouve à Vichy.
Photo ci-dessous d’Oliver Giran.

Suite à l’appel du général de Gaulle le 18 juin 1940, Olivier décide de partir en Angleterre pour rejoindre les Français Libres. Il va devoir repoussé ses plans, car il sera arrêté à Marseille lors de sa tentative de traversée le 7 décembre 1940, avec une peine de prison de six mois.
Dès sa sortie de prison, il s’engage dans la résistance. A la fin e l’année 1941, il part pour la Suisse et prend contact avec le British Intelligence Service. De retour en France, et avec l’intervention de son papa, le prédicateur Etienne Albert Giran, il entre ne contact avec un diplomate néerlandais, investit dans la résistance, dont le réseau a pour but de sauver des personnes et faire passer des documents importants clandestinement.
Cette voie « d’évacuation » va contribuer de manière importante à la résistance française avec le sauvetage de plus de 1 080 personnes, dont 800 Juifs néerlandais et plus de 112 pilotes alliés abattus. Olivier Giran accompagne régulièrement les Néerlandais en tant que passeur pour le Dutch-Paris via Dijon et Pontarlier. En parallèle, il est également membre du groupe « Agir ». Ci-dessous Photo d’Oliver Giran alors âgé de 23 ans.

Le 30 juin 1942, le destin d’Olivier Giran bascule: Lors d’une tentative d’escorte de dix Néerlandais vers la Suisse, il est arrêté à la gare de Dijon; probablement après une dénonciation d’un membre de l’organisation. Après trois mois à la prison de Dijon, il est emmené par les Allemands à la prison de Fresnes et le 9 décembre 1942 il est transféré dans le quartier allemand de la prison d’Angers sous le matricule 1076.
Son père va lui aussi être emprisonné à Angers avant sa déportation au camp de concentration de Buchenwald, où il meurt le 13 septembre 1944.
Quant à Olivier, il attend son procès à l’isolement des autres prisonniers, qui se déroule entre le 24 et 30 mars 1943 à Angers.
Le verdict est sans appel, reconnu coupable d’espionnage, il est condamné à mort.
Le 16 avril 1943, en arrivant sur le lieu de l’exécution dans le quartier de Beille-Beille à Angers, lui et les 5 autres condamnés sont attachés aux poteau d’exécution, puis on leur bande les yeux.
Juste avant les salves de tir, il crie « Vive la France » et s’effondre, tué sur le coup, mort à 23 ans.
Mis en bière immédiatement son corps est amené par les Allemands au cimetière d’Angers-Est.
A ce jour, il est le seul fusillé d’Angers à être toujours enterré dans la même concession (no 15891, carré 5, rang 7, fosse 2).
À titre posthume, il est homologué au grade de capitaine dans les Forces françaises combattantes, promu chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la Croix de guerre 1939-1945. Grâce à l’action menée en 1955 par l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance, il reçoit le statut d’interné de la Résistance française pour la période du 30 juin 1942 au 16 avril 1943. Par le décret royal no 5 du 24 mai 1950, avec son père, Olivier Giran obtient la « Verzetkruis 1940-1945 » (Croix de la Résistance hollandaise). Cette dernière, créée par un décret royal, le 3 mai 1946, n’a été décernée par les autorités néerlandaises qu’à 95 résistants.
À Angers, par décision municipale du 30 mai 1958, la place devant la prison du Pré-Pigeon porte son nom. Ci-dessous, la prison du Pré-Pigeon d’Angers.

Dans le cimetière militaire néerlandais de la commune d’Orry-la-Ville (Oise), une plaque rend hommage à des résistants français, dont Olivier Giran. Enfin, tous les troisièmes dimanches du mois d’octobre, une cérémonie a lieu devant le monument des fusillés de Belle-Beille au cours de laquelle son nom est cité.
Je vous invite donc si vous passer dans le coin à vous arrêter pour découvrir la place aux abords de la prison. Cette dernière fut le lieu de beaucoup d’internements de résistants et patriotes, lieu de tortures et d’exécutions de collaborateurs en 1946 notamment.
L’accès de la place est possible aux personnes à mobilité réduite. Vous ne pourrez rester trop longtemps aux abords de la prison, ce qui est compréhensible, mais au moins vous aurez vu un lieu chargé d’histoire et les extérieurs de la plus ancienne prison cellulaire de France.
INTÉRÊT HISTORIQUE :
ACCESSIBILITÉ :
ENFANT :
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(Photos collection privée Patricia Gontier et sources internet)

