LA BATTERIE DE MAISY

Hello tout le monde,

Aujourd’hui, direction la Normandie et plus particulièrement la commune de Grandcamp-Maisy, au 7 Route des Perruques, dans le département du Calvados.

Oubliée pendant ces 60 dernières années, cette batterie allemande constitua la partie intégrante d’une zone militaire, ouvrant le feu sur les troupes alliées et couvrant les plages d’Utah et Omaha. L’assaut final des 5e et 2e bataillon de Rangers américains, le 9 juin 1944 dura 5 longues heures.

Avant d’aller plus loin, petit point historique: il faut savoir qu’avant la Seconde Guerre mondiale, Grandcamp et Maisy sont deux villages indépendants : le premier est tourné vers la mer avec une économie locale dépendante de la pêche, tandis que le deuxième est tourné vers la terre, reposant essentiellement sur l’agriculture. Au printemps 1944, Grandcamp-les-Bains est défendu par quatre points d’appui codés de WN 79 à WN 82. Le village (ainsi que Maisy) est occupé par les Allemands de la 12e compagnie du Grenadier-Regiment 726. Maisy est défendu de son côté par cinq points d’appui codés de WN 83 à WN 88 à l’exception du WN 85 situé au lieu-dit Le Douet. Deux batteries sont situées au sud-ouest du village, codées WN 83 (“Les Perruques”) et WN 84 (“La Martinière”).

Elles sont respectivement armées par quatre canons de 155 mm F414 d’origine française (servis la 9e batterie de l’Artillerie-Regiment 1716) et par quatre canons de 100 mm FH14/19 d’origine tchèque (servis la 8e batterie de l’Artillerie-Regiment 1716). Les deux batteries sont ceinturées par un seul réseau de barbelés et par plusieurs champs de mines.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les Alliés lancent un raid aérien massif au-dessus du Mur de l’Atlantique, visant notamment les batteries de Maisy. Ce raid est suivi à l’aube par le bombardement naval délivré par le croiseur lourd HMS Hawkins. Malgré ce déluge de bombes et d’obus, aucun dégât majeur n’est relevé sur les batteries lorsque les soldats américains commencent à débarquer sur Utah et Omaha, les deux plages les plus proches. En revanche, l’armement des points d’appui situés en bord de mer à hauteur de Grandcamp et Maisy est hors de combat. La portée des canons de 155 mm permet d’appliquer des feux aux abords ouest de la plage d’Omaha, dans le secteur de Vierville-sur-Mer : d’après le journal D-3 de la 29th Infantry Division en date du 6 juin 1944, les soldats américains rendent compte qu’ils subissent le feu des canons de Maisy au cours de la matinée du Jour J. La batterie est toujours active et l’HMS Hawkins reprend ses tirs de neutralisation en journée contre les points fortifiés WN 83 et WN 84 (également connus sous l’appellation Stp 83 et Stp 84).

Le 8 juin 1944 à midi, les forces américains provenant d’Omaha Beach ont établi la liaison avec les survivants du 2d Ranger Battalion (29th Infantry Division) isolés depuis le Jour-J à la Pointe du Hoc.

Au petit matin du 9 juin 1944, trois compagnies du 5th Ranger Battalion sont engagées dans l’action, appuyées par deux half-tracks du 2d Ranger Battalion (armés de canons de 75 mm) et par la batterie B du 81st Chemical Mortar Battalion (armée de mortiers de 107 mm). Les Rangers possèdent en outre quatre mortiers de 81 mm. Après le tir de neutralisation effectué par le 58th Armored Field Artillery Battalion, les Américains se lancent à 9 heures à l’assaut du site étendu sur près de 44 hectares. D’après les témoignages des vétérans, les combats sont d’une intensité extraordinaire. Le réseau de tranchées est si complexe que les Américains s’y perdent plusieurs fois, ajoutant au désordre de la bataille et occasionnant des tirs fratricides. Après cinq heures de combats, la batterie est enlevée.

Dans la foulée de la prise de Maisy et de ses batteries, les Américains progressent en direction de Géfosse-Fontenay et Isigny-sur-Mer.

Le 14 juin, le général de Gaulle traverse le village de Grandcamp-les-Bains et s’adresse à la population dans le cadre d’une visite éclair.

Voilà, l’histoire résumée de la commune de Grandcamp-Maisy et de ses bunkers du Mur de l’Atlantique sur le secteur américain d’Omaha Beach. Si vous passez dans le coin, je vous conseille la visite. Un parking est à votre disposition, toutefois, le site n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite, (vous pourrez le constater sur les photos à venir). Attention également pour les enfants toujours sur la surveillance d’un adulte et là aussi pas avant 8 à 10 ans.

INTERET HISTORIQUE :

Note : 5 sur 5.

ACCESSIBILITE :

Note : 1.5 sur 5.

ENFANT :

Note : 3.5 sur 5.

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(Photos collection Patricia Gontier).

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