
Hello tout le monde,
De passage à Saint-Nazaire, Loulou et moi nous nous sommes arrêté au monument concernant l’histoire du Lancastria.
Du coup, j’ai voulu vous raconter le récit tragique du RMS Lancastria.

Paquebot transatlantique britannique, il est coulé le 17 juin 1940 par les Allemands. Cet événement sera considéré comme l’une des plus grandes catastrophes maritimes du 20ème siècle avec environ 4 000 victimes.
Revenons un peu arrière pour comprendre ce naufrage.
Long de 168 mètres, le paquebot est lancé en 1922 à Glasgow; baptisé RMS Tyrrhenia, il appartient à la compagnie britannique Cunard Line.
Renommé Lancastria en février 1924, il assure la liaison hebdomadaire entre Londres et New York entre 1926 et 1932.

Au début de la Seconde Guerre Mondiale, le paquebot de luxe est réquisitionné pour le transport des troupes militaires. Et va notamment participer à l’opération franco-britannique de Narvik en Norvège avant de se replier sur Scapa Flow.
En mai 1940, le front militaire allié en France est enfoncé par les troupes de la Wehrmacht. L’avancée des troupes allemandes est fulgurante et se rapproche de la côte atlantique. Au 15 juin 1940, près de 40 000 soldats britanniques ont reflué vers le port de Saint-Nazaire pour tenter de s’échapper vers la Grande-Bretagne.
Pendant ce temps là, près de 80 bâtiments de commerce sont réquisitionnés et attendent en rade de Saint-Nazaire.
Dans la nuit du 14 juin 1940, le Lancastria quitte le port de Liverpool pour une destination tenue secrète de l’équipage. Il fait escale à Plymouth le 15 juin 1940, puis se dirige vers Brest, la baie de Quiberon et enfin l’embouchure de la Loire près de Saint-Nazaire. Pour enfin participer le 17 juin 1940 à l’opération d’évacuation « Ariel ».
Vers 6 h du matin, ce 17 juin 1940, le Lancastria jette l’ancre à 4 km de la côte. En mouillant à bonne distance du port de Saint-Nazaire, il réduit les risques d’être pris pour cible par des attaques aériennes ou des U-boot, tandis que les troupes allemandes ne sont plus qu’à 40 km.
Alors que la capacité normale du paquebot est de 3 000 personnes, et les bateaux et gilets de survie seulement prévus pour 2 200 passagers; deux officiers de la Marine Royale montent à bord et donnent l’instruction au capitaine Sharp de charger autant de passagers que possible « sans tenir compte des limites fixées par la loi internationale ». Dans la précipitation de la débâcle, c’est environ 9 000 soldats qui montent à bord d’après les notes des officiers britanniques. Les premiers bateaux arrivent au Lancastria dès 7 h du matin. En fin d’opération, les soldats du Corps expéditionnaire anglais et d’autres réfugiés sont tassés au point de ne plus pouvoir se déplacer sur les ponts du navire.
Au moment de quitter l’estuaire de la Loire, il est attaqué par une flotte de bombardiers allemands Junkers 88, peu avant 16 h. L’un des avions fond au ras de l’eau et se dirige vers la poupe du Lancastria, larguant quatre bombes de 500 kg, qui toutes percutent ou endommagent les flancs du navire.

La première bombe éclate dans la cale no 2 au milieu de 800 hommes, la deuxième transperce la cale no 3 libérant 500 tonnes de fioul qui se répandent autour du navire, la troisième bombe semble tomber dans l’unique cheminée du paquebot (mais ce n’est pas le cas) et explose dans la salle des machines, la dernière éventre la cale no 4.
A ce moment les Allemands ne sont pas certain d’avoir définitivement coulé le paquebot, et une nouvelle vague de bombardiers Heinkel 111 cette fois, amorce une seconde salve d’attaques avec des bombes incendiaires pour enflammer les 1400 tonnes de fioul que contient le navire. Heureusement, très peu s’amorcent, du fait de la faible altitude de survol et du mauvais synchronisme d’explosion des bombes pour cette approche basse.
Dans l’intervalle, le Lancastria s’incline brusquement à bâbord. Les bateaux de survie et les gilets de sauvetage sont pris d’assaut. Le paquebot sombre en 24 minutes au large de la Pointe Saint-Gildas.
Le navire pilote La Lambarde, le destroyer Highlander, des chalutiers, des navires de servitude portuaires, une vedette de la SNSM, ainsi que des destroyers britanniques, se portent au secours des naufragés du Lancastria. Ils sont couverts de brûlures et de fioul au milieu des cadavres flottants. Les rescapés, ( au nombre de 2477), dont le capitaine Sharp, commandant du Lancastria, sont débarqués à Saint-Nazaire, puis acheminés vers l’hôpital ou des écoles afin d’être soignés et nettoyés de leurs gangues noires. Ci-dessous le commandant Sharp.

De nombreux habitants nazairiens s’associent au travail des sauveteurs et des infirmiers débordés jusqu’à très tard dans la nuit.

Ci-dessous, des soldats pris en charge à bord du destroyer de la Royal Navy « Highlander ». Photo © Collection Luc Braeuer

À l’annonce du naufrage, Winston Churchill place sous secret la nouvelle du désastre, par la Défense Notice, (D-Notice), afin de ne pas démoraliser davantage les citoyens britanniques. Le même jour, l’armée française est complètement anéantie par l’armée allemande et l’annonce officielle de l’armistice signé entre la France et l’Allemagne est diffusée au même moment. L’information du naufrage ne sera connue que cinq semaines plus tard, quand elle sera publiée par le New York Times et par The Scotsman du 26 juillet 1940.
Ci-dessous Winston Churchill :

Le nombre exact de ceux qui se sont trouvés à bord du Lancastria est inconnu. Les documents de bord sont « Secret Militaire » pour une durée de 100 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2040.
Churchill ne décrira ce naufrage que dans ses mémoires, en avançant un chiffre de 4 000 victimes.
Les corps sont enterrés dans 16 cimetières de la côte. L’épave est également déclarée « tombe de guerre ».
Désormais, une bouée au large de l’estuaire de la Loire signale l’emplacement de l’épave. Celle-ci, est considérée, depuis 2006, comme un cimetière marin, avec une zone de protection et d’exclusion de 200 mètres, autour de la zone du naufrage. L’épave se trouve à 15 km du port de Saint-Nazaire, à une profondeur de 26 mètres et culmine à 12 mètres sous la surface. Elle se trouve dans une zone soumise à de fortes marées et courants. Une grande partie de l’épave est encore intacte.




(Photos sources internet et collection privée Patricia Gontier).
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