
Hello tout le monde,
Aujourd’hui, direction la Normandie et plus précisément le village de Graignes, (50620), dans le département de la Manche.
Graignes, village martyr est souvent surnommé le mini Oradour-sur-Glane. Loulou et moi avons découvert l’histoire de ce lieu, le 08 juin dernier lors de la cérémonie en hommage aux vétérans et soldats qui se sont battus dans ce village en juin 1944.

Je vous propose donc de retourner dans le temps et de revenir au mois de juin 1944.
Tout commence dans la nuit du 5 au 6 juin, avec le largage des parachutistes américains sur le Cotentin. Beaucoup se retrouvant fort loin de la zone d’atterrissage prévue, éparpillés en petites unités et isolés au beau milieu des lignes allemandes.
C’est ainsi, qu’une partie des hommes du 507e régiment de la 82e division aéroportée, (160 du 3ème bataillon du 507th PIR et 20 du 501st PIR), tombés bien au sud de Carentan, en plein dans les marais inondés de Graignes, après s’en être extirpés tant bien que mal, investissent le bourg du village. Environ 140 parachutistes, bientôt rejoints par une vingtaine de leurs camarades venant de Tribehou et même une dizaine de parachutistes de la 101e division, comme eux totalement égarés.
Vers 10 heures du matin, un premier lot de 25 paras dirigé par le capitaine Leroy D. Brummitt y arrive. A midi un deuxième groupe atteint le village, sous les ordres de Major Charles D. Johnson, qui prendra le commandement de l’ensemble des soldats. Deux possibilités s’offrent alors aux parachutistes réunis : rester sur place ou rejoindre le reste des troupes aéroportées. Le Capitaine Brummit est partisan de rejoindre le secteur de la 101st près de Carentan pour ensuite regagner celui de la 82nd. Il propose de réaliser une marche de nuit à travers les marais et de détruire les armes lourdes qui ne pourront être transportées. Le Major Johnson quant à lui est partisan de rester sur place et d’établir des positions défensives en attendant d’être rejoint par les forces alliées qui sont débarquées sur les plages d’Utah Beach et d’Omaha Beach. C’est cette dernière option qui est retenue.
Tandis que les Américains aménagent un périmètre défensif, la population de Graignes s’organise pour les ravitailler en nourriture. Le café-épicerie se transforme en cantine.
L’église est immédiatement utilisée comme poste d’observation et comme infirmerie dirigée par le médecin-capitaine Sophian. Un traducteur providentiel favorise la bonne entente entre soldats et habitants. Il s’agit du Sergent Benton J. Broussard, (photo ci-dessous), un acadien de Louisiane (Il mourra dans le combat de Graignes)

A ce moment-là, les Allemands n’ont toujours pas repéré la présence des intrus. Mais les paras, pressés d’en découdre et sourds aux mises en garde du maire, lancent une série de coups de main dans les environs. Ils attaquent quelques carrioles allemandes, abattent les occupants d’un side-car, font sauter le pont menant vers Montmartin-en-Graignes, tendent une embuscade à un camion, tout en poussant des reconnaissances aux alentours et en faisant quelques prisonniers.
Bien évidemment, le résultat ne se fait pas attendre et attire l’attention de l’ennemi. Le dimanche 11 juin dans la matinée, le village est encerclé et attaqué à grand renfort d’artillerie par un fort détachement de la 17e division SS, dont les éléments de tête viennent tout juste d’arriver de la région de Thouars. Pendant toute la journée, les parachutistes opposent une résistance farouche, mais dépourvus d’armes lourdes, se battant pratiquement à un contre dix, et à court de munitions, ils doivent finalement décrocher au cours de la nuit et s’enfuir au travers des marais.
Les blessés quant à eux restent dans l’église avec le médecin-capitaine Abraham Sophian surnommé « Bud »,(photo ci-dessous), et ses deux collaborateurs brancardiers.

C’est dan la nuit du 11 au 12 juin, que les SS pénètrent alors dans ce qui reste du malheureux village et se livrent à un carnage, tuant trois parachutistes grièvement blessés et intransportables dans l’église.
Les autres américains sont divisés en deux groupes. Cinq d’entre-deux sont conduits derrière le café de Germaine Boursier où ils sont exécutés à la baïonnette et jetés dans une mare avoisinante.
Le second groupe (neuf parachutistes), est obligé de marcher à plusieurs kilomètres, puis dans un champ près de Mesnil Angot, les SS obligent les prisonniers à creuser une fosse avant de les abattre d’une balle dans la nuque au petit matin.
Le docteur Sophian quant à lui est fait prisonnier en compagnie du Capitaine Loyal Bogart de la 101st Airborne et du major Johnston. Ces deux derniers sont blessés mais toujours en vie sous les décombres de l’École des garçons. Les trois hommes sont conduits au sud-ouest du village de Tribehou, où ils sont interrogés pendant plusieurs heures, puis exécutés. Leurs corps jetés le long de la route de la Terrette.
Mais les crimes ne sont pas terminé, les civils ne sont pas épargnés, ainsi les deux prêtres présents dans l’église et qui aident à soigner les blessés, le père Leblastier, ( photo ci-dessous), et le franciscain Lebarbenchon, sont tués d’une balle dans la tête.
Une jeune fille de 18 ans, Madeleine Pezeril et une petite fille de huit ans, à peine Eugénie Dujardin, sont aussi tuées sauvagement, tandis que 44 habitants, susceptibles d’avoir aidé les américains, sont faits prisonniers et interrogés. Le mardi 13 juin, les SS incendient l’église, brûlent les corps des deux prêtres ainsi que ceux de la jeune fille et de l’enfant assassinés, et incendient 66 autres maisons du village et en endommagent irrémédiablement 159. Quand ils quittent Graignes, le village n’est plus que ruines mais le clocher de l’église est resté debout et défie toujours l’ennemi. Au total, les SS laissent derrière eux 63 morts dont 31 habitants. Quant aux Américains, sur les 182 soldats, 150 pourront rejoindre leurs lignes et continuer le combat.



Je vous invite donc si vous passer dans le coin à vous arrêter pour découvrir l’histoire de ce village et les restes de l’église avec son mémorial.
Vous pouvez vous garer juste en face, sur le petit parking et découvrir au passage deux panneaux explicatifs.
L’accès est possible aux personnes à mobilité réduite et aux enfants je dirais à partir de 10 ans, sous la responsabilité d’un adulte, car le lieu est dans un cimetière, et impose donc le respect et le recueillement. En Attendant, voici les photos et vidéos de la cérémonie du 08 juin 2024.
INTÉRÊT HISTORIQUE :
ACCESSIBILITÉ :
ENFANT :
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(Photos d’époque et renseignements : Maison du Souvenir, Photos et vidéos collection Patricia Gontier).





































